Réassurance
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Frédéric Bécard, Global Product Leader Cargo APAC & Europe, et Peter Wullimann, Country Manager Nordic Region

Frédéric Bécard, Global Product Leader Cargo APAC & Europe, et Peter Wullimann, Country Manager Nordic Region, discutent des tendances de l’assurance marchandises transportées, des raisons pour lesquelles la présence locale et le service sont si importants dans la région nordique, et de l’impact de la pandémie COVID-19.

Quelles sont les tendances actuelles de l’assurance marchandises transportées dans la région nordique ?

Frédéric Bécard : Les tendances de l’assurance cargo dans les pays nordiques reflètent actuellement dans les grandes lignes les tendances mondiales. Après une longue période de soft market, le marché de l'assurance maritime s'est durci. Cela est dû en partie à une augmentation plurifactorielle de la valeur des marchandises en risque tel que : gigantisme des navires, accumulations dans les ports, augmentation du prix des matières premières et des produits finis (sophistications des biens de consommation), corrélée à une exposition accrue aux catastrophes naturelles. 

Historiquement, le secteur de l’assurance Marchandises Transportées présente un profil de sinistralité majoritairement caractérisé par la fréquence avec une intensité modérée, mais ce constat est en train de changer. L'augmentation continue du volume et de la valeur des marchandises, associée à une augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles, a directement impacté les résultats techniques de la branche qui a conduit à un durcissement inévitable des taux et des conditions. 

Ce durcissement des prix a certainement été accéléré par le retrait de certaines capacités du Marché. En parallèle, les offres de garanties ont également été revues afin d’apporter plus de clarté aux assurés ainsi qu’aux assureurs.

Les nouvelles technologies sont-elles susceptibles de modifier la manière dont les risques liés au transports maritime sont gérés et transférés ?

Frédéric Bécard : La technologie a un effet important sur la façon dont les risques liés au transport maritime sont gérés et souscrits. L'utilisation de capteurs et de l'Internet des objets, par exemple, peut nous fournir de meilleures données sur la localisation des marchandises. Cela nous aide à mieux surveiller les accumulations et cela profite également à nos clients en leur donnant une meilleure connaissance de leurs risques et la façon de les gérer.

Nous commençons également à expérimenter une nouvelle technologie de capteurs qui peuvent être placés dans les cales des navires et fournir des données sur les conditions dans lesquelles les marchandises sont stockées - les niveaux d'humidité, par exemple.

Une fois que nous serons en mesure de traiter efficacement ces données, nous sommes convaincus que cela aura un impact positif sur la sinistralité, car nous aurons la possibilité d'intervenir avant que les incidents ne deviennent des sinistres. Cela nous permettra également d’améliorer nos tarifications. C'est une situation gagnant-gagnant pour le client et le l’assureur.  

Pourquoi est-il si important pour les assureurs d'avoir une présence locale pour souscrire des risques dans la région nordique ?

Peter Wullimann : Avoir une présence locale est essentiel, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la région nordique n'est pas homogène - chaque marché présente de nombreuses nuances que nous avons passé beaucoup de temps à connaître et à comprendre.

Par exemple, les différences substantielles entre les types d'exportations dans lesquelles chaque pays est spécialisé - chacun est leader dans différents produits de base. La Suède et la Finlande présentent certaines similitudes et sont de grands expéditeurs de produits de base tels que l'acier et les produits métalliques, le bois de sciage, le bois et le papier, ainsi que les machines et équipements pour cette industrie. La Suède est également un grand exportateur de produits automobiles - voitures et camions. Le Danemark, en tant que grande nation maritime, est un leader pour le transport de produits pharmaceutiques et de sciences de la vie. Quant à la Norvège, ses exportations sont dominées par l'offshore - principalement le pétrole et le gaz - et le transport maritime, principalement pour soutenir l'industrie offshore.

Les différences de réaction des pays de la région face à la pandémie de COVID-19 ont été un autre exemple au cours des derniers mois. Par exemple, alors que la Suède n'a jamais procédé à un confinement national, le Danemark a été l'un des premiers pays européens à en imposer un, tout comme la Norvège et la Finlande, où des restrictions sur la circulation des personnes ont également été introduites. Ces approches différentes se sont bien sûr traduites par des défis différents en matière de risques pour nos clients dans la région.

Une présence locale nous aide à reconnaître et à comprendre les spécificités de chaque marché, et donc à fournir un service de qualité et à établir des relations solides avec nos clients nordiques. 

Quel effet la pandémie a-t-elle eu sur les risques encourus par les acteurs du transport maritime dans la région nordique ?

Frédéric Bécard : La pandémie a été, avant tout, une tragédie humaine qui a affecté les entreprises et les individus à travers le monde. Les restrictions de circulation consécutives mises en place par de nombreux gouvernements pour tenter de limiter la propagation du COVID-19 ont impacté la chaine d’approvisionnement des marchandises (rupture de livraison, ralentissement des expéditions) entrainant par ricochet une baisse de l’activité économique des entreprises.

Dans l'ensemble, cependant, la pandémie n'a pas entraîné de hausse importante des sinistres liés aux opérations de transport, car l'assurance Cargo couvre principalement les pertes physiques. Nous avons effectué une analyse globale de nos expositions pour voir où il pouvait y avoir des goulots d'étranglement, mais il y a eu très peu de cas où l'interruption des activités a entraîné des dommages qui auraient pu déclencher l’application de nos couvertures. 

Les clients et les assureurs tireront certainement des leçons sur la résilience de la chaîne d'approvisionnement de l'expérience de ces derniers mois.

Peter Wullimann : En effet, la région a été en mesure de maintenir un niveau élevé de production pendant la pandémie. À titre d'exemple, le port à conteneurs de Göteborg - le plus grand port de la région nordique et la porte d'entrée des produits de consommation sur l'ensemble du territoire - représente environ 30 % du commerce extérieur total de la Suède. Alors que de nombreux autres ports ont connu une réduction de leurs recettes et des flux de marchandises pendant la pandémie de COVID-19, Göteborg a enregistré une croissance de 0,5 % en 2020.

Bien entendu, des événements récents tels que la crise mondiale de pénurie de conteneurs et l'augmentation des coûts des expéditions par conteneurs pourraient avoir des effets plus prononcés et plus durables sur les exportations, notamment une pénurie mondiale de semi-conducteurs qui pourrait avoir un impact substantiel sur l'industrie automobile en particulier. 

Plus généralement, si les effets de la pandémie ont varié selon les secteurs d'activité et les types de clients, les clients de la région nordique ont globalement bien résisté aux effets de la pandémie. Le secteur de l'assurance a également montré qu'il était capable de s'adapter à de nouvelles méthodes de travail et nous sommes heureux d'avoir pu continuer à servir efficacement nos clients et courtiers dans la région tout en travaillant à distance.

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