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François Lanavère, Directeur Commercial chez AXA Climate et Daphné de Marolles, Responsable de souscription, Art & Specie and Private Clients pour AXA XL en France

Le secteur du vin représente un poids considérable dans l’économie mondiale mais sa récolte est sensible aux aléas climatiques. Une météo instable peut en effet exposer les vignerons à de gros risques et menacer leur production. François Lanavère, Directeur Commercial chez AXA Climate et Daphné de Marolles, Responsable de souscription, Art & Specie and Private Clients pour AXA XL en France, expliquent comment la couverture d’assurance évolue pour répondre aux besoins actuels des viticulteurs et collectionneurs de vin.

« Le vin est la seule œuvre d’art que l’on peut boire », d’après Luis Fernando Olaverri, vigneron en Navarre. Du collectionneur invétéré, en passant par l’investisseur en vins qui les considère comme une catégorie d’actifs, jusqu’aux amateurs qui en boivent un verre ou deux lors d'un repas, le vin est un produit apprécié partout dans le monde.

Et le vin représente une activité importante. Une étude réalisée par Zion Market Research a montré que le marché mondial du vin pesait 302 milliards de dollars en 2017 et devrait atteindre 423,59 milliards de dollars d’ici fin 2023. La demande en vins n’indique pas de signes de ralentissement. Mais dans un contexte d’incertitudes climatiques, les risques pesant sur les récoltes deviennent de plus en plus importants.

Les aléas climatiques peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la viticulture

En France, la ville de Beaune, en Bourgogne, tient des registres des vendanges depuis près de 700 ans ; ces derniers révèlent que depuis 1988 les vendanges se font en moyenne deux semaines plus tôt que durant les 6 siècles qui ont précédé en raison du réchauffement climatique.

Mais le réchauffement a des effets plus graves que d’avancer les récoltes : avec des hivers plus doux, le réveil de la vigne – ce que l’on appelle le débourrement, c’est-à-dire la fin du repos hivernal de la plante – se fait de plus en plus précoce. Or cette étape est particulièrement critique car une fois le bourgeon sorti, il est très vulnérable au froid. Et une forte gelée sur une vigne qui vient d’être débourrée peut être fatale.

C’est exactement ce phénomène qui a touché les grands cépages français en avril 2021. Après un mois de mars chaud et ensoleillé – 22°C le 30 mars à Bordeaux– une vague de froid s’abat sur la France et les températures plongent à -6°C dans la nuit du 6 au 7 avril. Cette gelée dite « noire » va se répéter plusieurs nuits et le ministère français de l’Agriculture évalue une production de vin en chute de 30% par rapport à 2020 .

L’épisode de gel de 2021 ne revêt pas un caractère exceptionnel. Ces cinq dernières années, le Sud-Ouest de la France a en effet connu des épisodes de gel, comme en 2017 par exemple. A l’époque, le vignoble bordelais a connu une baisse de production d’environ 40%. Mais pour la plupart des professionnels, l’annus horribilis est sans conteste 1991 : la récolte avait alors baissé de 70% par rapport à l’année précédente. 

Les viticulteurs prennent donc des mesures pour atténuer les effets du gel sur leurs récoltes. Certains utilisent des chaufferettes, des pots de paraffine ou des feux contrôlés pour essayer de gagner ne serait-ce qu’un degré et sauver les bourgeons. D’autres emploient des petites éoliennes permettant de mélanger la couche d’air chaude en altitude avec la couche d’air froide au sol. Sur le même principe, certains vont même jusqu’à employer des hélicoptères pour survoler leurs vignes. Enfin, il y a aussi l’aspersion d’eau, la solution la plus efficace selon de nombreux experts, qui permet de protéger le végétal par une fine couche de glace. En effet, l’eau, en gelant, libère des calories qui vont protéger le bourgeon qui est en-dessous. 

Mais toutes ces mesures ont un coût non-négligeable et les exploitants veillent à ne pas trop dégrader leurs marges.

Une couverture paramétrique peut contribuer à protéger les clients tout au long de la chaîne de valeur du secteur vinicole.

Outre les viticulteurs, les revenus de nombreuses autres entreprises du secteur dépendent largement de ces changements climatiques. Cela comprend les sociétés de services agricoles, qui sont souvent payées sur la base du nombre d’hectares récoltés ; les sociétés d’embouteillage ; et les sociétés qui fournissent les bouchons ou les étiquettes.

Les solutions d’assurance paramétriques peuvent alors aider ces acteurs du secteur à protéger leur bilan en cas de risques climatiques, comme le gel, la sécheresse ou les incendies.

Une couverture d’assurance paramétrique, ou indexée, repose sur des indices objectifs et transparents, comme la température, la pluviométrie totale ou le nombre d’hectares brûlés. Le paiement est déclenché dès que le seuil convenu est franchi. Cela ne nécessite pas de coûteuses visites d’exploitation et les assurés reçoivent promptement les paiements, ce qui permet de mettre en place un processus de rétablissement plus rapide.

Une couverture paramétrique peut contribuer à protéger les clients tout au long de la chaîne d’approvisionnement du secteur vinicole. Cette couverture offre une protection contre une baisse de production de raisin sur la base des données de rendement historiques retenues pour une appellation spécifique, c’est-à-dire la région géographique protégée dans laquelle est cultivé un cépage particulier. Cette couverture fournit également une protection des récoltes contre les maladies, qui est généralement exclue des polices d’assurance traditionnelles. Certaines maladies qui touchent les vignes peuvent être causées par l’humidité ou l’excès de soleil, par exemple. Les clients n’ont pas besoin de souscrire une couverture pour la totalité de la valeur de leur récolte, mais seulement pour la portion qui est exposée à un événement climatique particulier, comme le gel.

Pour le secteur vinicole, cela peut représenter une solution efficace pour s’assurer que les revenus sont couverts et que les paiements sont rapidement versés si un événement climatique grave menace une récolte.

Le gel de printemps peut avoir des effets dévastateurs sur la récolte et entraîner des pertes financières importantes pour les acteurs du secteur viticole. Dans ce cas, la couverture paramétrique est structurée à partir de l’indice de la température minimale journalière. Nous utilisons la station météo de référence située à proximité de la zone assurée pour surveiller l’indice. La structure d’indemnisation linéaire permet de minimiser le risque de base en augmentant graduellement l’indemnisation en fonction de la baisse de température. Aucun expert ni visite d’exploitation ne sont nécessaires pour évaluer les pertes

Alors que l'imprévisibilité climatique se poursuit, nous soutenons nos clients et les encourageons à avoir recours à des déclencheurs paramétriques pour faire face aux catastrophes naturelles et risques climatiques.

Dans la cave à vins

Les mesures de gestion du risque associées au vin ne prennent pas fin à la mise en bouteille.

Les collectionneurs de vin, que leur collection soit petite ou grande, doivent mettre tout en œuvre pour s’assurer que leur vin est conservé dans des conditions optimales jusqu’à ce qu’il soit prêt à être dégusté. 

Les bouchons doivent être étanches pour garantir que l'oxygène, l’ennemi du vin, n’entre pas dans la bouteille.  C’est pourquoi, les bouteilles de vin sont conservées en position horizontale permettant ainsi au bouchon de toujours être en contact avec le liquide. Ainsi, il reste toujours gonflé et ne risque pas de sécher, de rétrécir ou de laisser entrer l’air.

Afin de ne pas altérer la qualité et le goût du vin, il est également recommandé de surveiller précisément la température de la cave pour la maintenir entre 7,2 et 18,3 degrés Celsius, et l’hygrométrie qui devra osciller entre 50 et 80%.

Enfin, il faut également tenir le vin loin de toute odeur forte qui pourrait altérer leur saveur, et à l’abri de la lumière afin d’éviter « le goût de lumière ».

Les assureurs peuvent aider les collectionneurs de vin à couvrir leurs collections, durant leur transport et leur stockage, contre les dégâts des eaux, le vol, l’incendie et les dommages accidentels. La police peut inclure les dommages subis par la bouteille, le bouchon, l’étiquette et le fût. Si certaines collections peuvent être couvertes par une police d’assurance habitation, d’autres peuvent nécessiter une police spécifique.

En cas de perte, l’indemnité est calculée par un expert en vin, ou œnologue, sur la base de la valeur de remplacement du vin à la date du sinistre.

De la production, en passant par le négoce, l’expertise ou l’assurance, un grand nombre d’acteurs œuvrent en coulisse pour garantir aux collectionneurs ou simples amateurs de vin le plaisir de savourer une belle robe.

À votre santé !

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